Méo 7, Dunkerque, 14 Septembre; 13h33
J'ai récupéré au moins 1 kg d'un seul coup.Le ‘Jam bonneau’ des FRANGINES. C'est Sophie qui l'a apporté. Avec la brochette poulet de Max.
Délicieux.
1er jour de repos du voyage. J'en avais vraiment besoin. Il faut que je récupère d'un jour au lendemain; dormir c'est très important... et pour l'instant je ne dors pas assez. Cela sans doute je vais finir par le payer.
Je le fais d'ailleurs.
La fin de l'étape de Mardi après l'arrêt à Wimereux a été dur.
Ok, il y avait des côtes (sacré Mont d'Huber, "...k2 pour la fin").
D'accord, ces 32 km en fin de journée sans eau ont fini par vider mes jambes.
Vides: la sensation qu'elles n'ont plus rien à donner. Ce n'est même pas de la fatigue.
J'ai le moral. Je rigole sur le vélo. Je pense même à prendre des petites vidéos. Je m'arrête pour capturer en photos la beauté du paysage. Cette odeur apaisante de la mer, qui est témoin fidèle de mon parcours. Infinie. Calme. Et respectueuse. Toute simple, mais magnifique.
C'est cet état d'âme qui pousse mon vélo jusqu'à Calais.
Je suis étonné par la route.
Il est beau le nord de la France.


L'ouverture des gens: j'acquis l'impression de que son temps c'est un trésor qui atteint son maxime splendeur dans le partage.
Le meilleur reste à venir.
C'est pas ma route du lendemain entre Calais et Dunkerque, toujours devant une mer veillante. Pourtant je traverse au début la réserve de Oye-Playe, juste après les Hemmes.
J'y trouve la nature généreuse. Et non seulement en esthétique; la nature qui prend soin de moi tout comme une mère. Qui me nourrit.
Moras silvestres. Buenisimas.
Je prête plus d'attention à bien manger et à boire. Les 40 km de la journée sont le début du repos.
Les sensations sur le vélo varient. Je continue à prendre mon temps. Je ne cherche pas la performance. Même si parfois j'y me sens bien et j'avance puissant... Mais le vent menace et me fait vite comprendre qu'il serait le vainqueur d'un éventuel duel contre mes jambes.
Au moins aujourd'hui.
Je pense à la préparation du marathon.
Il va falloir adapter le programme. Je pense pouvoir rester 2 ou 3 jours à Dunkerque. Et dormir. On verra à mon arrivée.
Ces réflexions n'affectent malgré toutpas mon esprit. J'accepte. Je profite. Et j'ai encore des forces! Dunkerque est prêt.
Deux fois je m'arrête pour confirmer mon chemin: conseils, rigolades, admiration, un sourire. Et puis " Bonne route!".
Il n'y a rien entre la mer et nous.Je galope sur le digue du Braek, l'eau d'un côté, les raffineries de l'autre. Là, la valeur esthétique disparaît. Ce n’est pas beau. Mais l'ensemble reste tolérante et en équilibre.
Et là, j'apprécie une autre beauté par contre.
Après 7 km les écluses sont les premières à me souhaiter la bienvenue à trois reprises.
Le meilleur n'est pas encore arrivé.
Je reviens en arrière.
A Calais. En arrière dans le récit.
Ou je peux aller en avant.
Jusqu'au présent. Ici à Dunkerque. Dans le café de Max. Café café. Classe.
Il veut partir au Maroc, à la recherche d'action. Avec Sophie (merci encore pour le jam!). Et Mathise. Et le petit, Hugo. L'Asie, l'Amérique du Sud... ces sont loin. Maroc c'est un début. Pas de peur. Au contraire.
En confiance. Avec de l'envie. Maroc c'est proche, n'est-ce pas? La famille est très importante.
C'est vrai. Plus que ça.
Tengo que llamar a mis padres y a mi hermana. Ma poursuite c'est la poursuite de son bonheur. A ma façon. Comme je crois que je peux mieux faire.
Eh, oh! Tu divagues là Javi!
Max & Sophie.
Je les ai rencontré hier. Julien m'a donné rendez vous au Méo 7 en arrivent.
C'est Julien qui m'héberge. Contacté par CouchSurfing. Il avait l'air très sympas sur le net. Sympas c'est pas le mot une fois l'approche réelle est faite.
Au café j'ai aussi rencontré Séb, l'ami de Julien.
Ils improvisent une barbecue pour fêter ma venue. Max est Sophie sont les invités.
Quel bel appartement! Un "Bienvenu à Dunkerque" dans le tableau me reçoit au table. Salade de pâtes, couscous et la grillade promise, avant du cocktail de fruits (melon, mirabelle et raisins). Merci Séb! Avant, une bière brassée à quelques centaines de mètres: Rica, rica. Deux verres et je sens déjà l'effet chaleureux de ses degrés.
Chaleureux, c'est le mot.
Pour l'accueil. Son accueil. De Julien et Séb, Séb et Julian. De Sophie et Max. Avant partir il me propose de manger au café le lendemain.
Sophie nous apporte tout de son resto, pas loin.
Et voilà où je me trouve, toujours au Méo 7, depuis ce matin; accès internet pour préparer mes prochaines étapes;
pour essayer de contacter la presse locale: "Attends, ils vont certainement s'intéresser à ton voyage!";
pour écrire ce récit.
Et pour continuer mes rencontres.

Agréable clientèle!
Les petites réunions se succèdent autour du comptoir, témoin direct de l'échange de rigolades. Aujourd'hui, incontournable, ça parle de l'espagnol qui a débarqué à Dunkerque hier soir avec son vélo et qui va courir trois marathons.
Rencontres:
Claudio business man, Habibi, les sœurs et la maman de Sophie, Bruno (merci pour le tuyau de Madame Cobos!), Jamel (travail ton espagnol avant ta prochaine incursion!), Nayim, Mathise et ses compagnons.
Rencontres. Simples. Sincères.
Les commentaires et encouragements pour mon entreprise se mélangent naturellement avec ses conversations habituelles, dans son jour le jour. Mon jour le jour s'intègre dans le sien.
On s'enrichisse en quelque sort sans s'en apercevoir.
J'y pense et je me rends compte de cet échange.
Certainement c'est le début. Mais je prends déjà du recul plus facilement pour me découvrir à l'écoute des autres d'une façon plus instinctive.
Plein des choses vont certainement évoluer chez moi...
"Oui, ta façon d'écrire!", vous direz.
En effet, j'espère gagner en patience pour réussir à passer au papier les idées qui se battent pour sortir de ma tête.
En plus je n’ai pas finit!
Cela serait injuste de ne pas revenir à Calais. Et à ma nuit chez Benoît.
Oui, celle que j'ai finit à 5h de matin en essayant de mettre à jour le site internet...
Celle qui m'a amené à faire la découverte de John, un American de Kentucky, résident à Kiev, qui est sur la fin de son parcours de 8000 km en vélo au travers de l'Europe... en 3 mois!Il aussi a en profité de l'hospitalité de Benoît.
Un autre contact de couchsurfing.
Un autre régale. Disponibilité, politesse, conversation... et une connaissance énorme de la région que je m'aprème à interroger après le dîner, sur le canapé, devant un DVD d'Yvette Sangalot. Oui, il est un passionné do Brasil.
Un plaisir de discuter avec lui. De gouter son chocolat (ils en font du bon à Calais!). De partager le lendemain midi avec lui, qui a préféré me faire connaître sa ville à manger tranquillement.
Histoire, architecture, économie, l'Europe... et route!
C'est sur son conseil que je décide de modifier mon programme en Belgique. Je ne suivrais plus la côte.
La nouvelle route:
Dunkerque-Ghent, samedi; parcours pour apprécier les vestiges de la II Guerre Mondiale. Une route au cœur de l'origine de l'Europe moderne, dans une zone qui a connu toute sort d'occupation (des anglais à l'empire espagnol).
Dimanche, Antwerpen. Thomas m'attend pour m'amener avec ses copains au carnaval. Souvenir do Brasil...
15h19. Café Meo.
Max est parti. Sophie prend sa place.
Il en restent de choses à dire (sur Benoît, sur John et ses conseils techniques, son regard sur l'Europe...) . Et des choses que je dois garder pour moi pour l'instant.
C'est le temps de voir la plage. Temps d'aller courir!







