Thursday, September 14, 2006

Méo 7, Dunkerque, 14 Septembre; 13h33

J'ai récupéré au moins 1 kg d'un seul coup.
Le ‘Jam bonneau’ des FRANGINES. C'est Sophie qui l'a apporté. Avec la brochette poulet de Max.
Délicieux.



1er jour de repos du voyage. J'en avais vraiment besoin. Il faut que je récupère d'un jour au lendemain; dormir c'est très important... et pour l'instant je ne dors pas assez. Cela sans doute je vais finir par le payer.

Je le fais d'ailleurs.
La fin de l'étape de Mardi après l'arrêt à Wimereux a été dur.
Ok, il y avait des côtes (sacré Mont d'Huber, "...k2 pour la fin").
D'accord, ces 32 km en fin de journée sans eau ont fini par vider mes jambes.
Vides: la sensation qu'elles n'ont plus rien à donner. Ce n'est même pas de la fatigue.

J'ai le moral. Je rigole sur le vélo. Je pense même à prendre des petites vidéos. Je m'arrête pour capturer en photos la beauté du paysage. Cette odeur apaisante de la mer, qui est témoin fidèle de mon parcours. Infinie. Calme. Et respectueuse. Toute simple, mais magnifique.

C'est cet état d'âme qui pousse mon vélo jusqu'à Calais.

Je suis étonné par la route.
Il est beau le nord de la France.



L'ouverture des gens: j'acquis l'impression de que son temps c'est un trésor qui atteint son maxime splendeur dans le partage.

Le meilleur reste à venir.

C'est pas ma route du lendemain entre Calais et Dunkerque, toujours devant une mer veillante. Pourtant je traverse au début la réserve de Oye-Playe, juste après les Hemmes.
J'y trouve la nature généreuse. Et non seulement en esthétique; la nature qui prend soin de moi tout comme une mère. Qui me nourrit.
Moras silvestres. Buenisimas.

Je prête plus d'attention à bien manger et à boire. Les 40 km de la journée sont le début du repos.
Les sensations sur le vélo varient. Je continue à prendre mon temps. Je ne cherche pas la performance. Même si parfois j'y me sens bien et j'avance puissant... Mais le vent menace et me fait vite comprendre qu'il serait le vainqueur d'un éventuel duel contre mes jambes.
Au moins aujourd'hui.

Je pense à la préparation du marathon.
Il va falloir adapter le programme. Je pense pouvoir rester 2 ou 3 jours à Dunkerque. Et dormir. On verra à mon arrivée.

Ces réflexions n'affectent malgré toutpas mon esprit. J'accepte. Je profite. Et j'ai encore des forces! Dunkerque est prêt.

Deux fois je m'arrête pour confirmer mon chemin: conseils, rigolades, admiration, un sourire. Et puis " Bonne route!".

Il n'y a rien entre la mer et nous.
Je galope sur le digue du Braek, l'eau d'un côté, les raffineries de l'autre. Là, la valeur esthétique disparaît. Ce n’est pas beau. Mais l'ensemble reste tolérante et en équilibre.

Et là, j'apprécie une autre beauté par contre.

Après 7 km les écluses sont les premières à me souhaiter la bienvenue à trois reprises.

Le meilleur n'est pas encore arrivé.

Je reviens en arrière.
A Calais. En arrière dans le récit.
Ou je peux aller en avant.
Jusqu'au présent. Ici à Dunkerque. Dans le café de Max. Café café. Classe.
Il veut partir au Maroc, à la recherche d'action. Avec Sophie (merci encore pour le jam!). Et Mathise. Et le petit, Hugo. L'Asie, l'Amérique du Sud... ces sont loin. Maroc c'est un début. Pas de peur. Au contraire.
En confiance. Avec de l'envie. Maroc c'est proche, n'est-ce pas? La famille est très importante.

C'est vrai. Plus que ça.
Tengo que llamar a mis padres y a mi hermana. Ma poursuite c'est la poursuite de son bonheur. A ma façon. Comme je crois que je peux mieux faire.

Eh, oh! Tu divagues là Javi!

Max & Sophie.
Je les ai rencontré hier. Julien m'a donné rendez vous au Méo 7 en arrivent.
C'est Julien qui m'héberge. Contacté par CouchSurfing. Il avait l'air très sympas sur le net. Sympas c'est pas le mot une fois l'approche réelle est faite.

Au café j'ai aussi rencontré Séb, l'ami de Julien.
Ils improvisent une barbecue pour fêter ma venue. Max est Sophie sont les invités.
Quel bel appartement! Un "Bienvenu à Dunkerque" dans le tableau me reçoit au table. Salade de pâtes, couscous et la grillade promise, avant du cocktail de fruits (melon, mirabelle et raisins). Merci Séb! Avant, une bière brassée à quelques centaines de mètres: Rica, rica. Deux verres et je sens déjà l'effet chaleureux de ses degrés.
Chaleureux, c'est le mot.
Pour l'accueil. Son accueil. De Julien et Séb, Séb et Julian. De Sophie et Max. Avant partir il me propose de manger au café le lendemain.
Sophie nous apporte tout de son resto, pas loin.

Et voilà où je me trouve, toujours au Méo 7, depuis ce matin; accès internet pour préparer mes prochaines étapes;
pour essayer de contacter la presse locale: "Attends, ils vont certainement s'intéresser à ton voyage!";
pour écrire ce récit.

Et pour continuer mes rencontres.

Agréable clientèle!
Les petites réunions se succèdent autour du comptoir, témoin direct de l'échange de rigolades. Aujourd'hui, incontournable, ça parle de l'espagnol qui a débarqué à Dunkerque hier soir avec son vélo et qui va courir trois marathons.
Rencontres:
Claudio business man, Habibi, les sœurs et la maman de Sophie, Bruno (merci pour le tuyau de Madame Cobos!), Jamel (travail ton espagnol avant ta prochaine incursion!), Nayim, Mathise et ses compagnons.
Rencontres. Simples. Sincères.
Les commentaires et encouragements pour mon entreprise se mélangent naturellement avec ses conversations habituelles, dans son jour le jour. Mon jour le jour s'intègre dans le sien.
On s'enrichisse en quelque sort sans s'en apercevoir.

J'y pense et je me rends compte de cet échange.
Certainement c'est le début. Mais je prends déjà du recul plus facilement pour me découvrir à l'écoute des autres d'une façon plus instinctive.

Plein des choses vont certainement évoluer chez moi...

"Oui, ta façon d'écrire!", vous direz.

En effet, j'espère gagner en patience pour réussir à passer au papier les idées qui se battent pour sortir de ma tête.

En plus je n’ai pas finit!

Cela serait injuste de ne pas revenir à Calais. Et à ma nuit chez Benoît.
Oui, celle que j'ai finit à 5h de matin en essayant de mettre à jour le site internet...

Celle qui m'a amené à faire la découverte de John, un American de Kentucky, résident à Kiev, qui est sur la fin de son parcours de 8000 km en vélo au travers de l'Europe... en 3 mois!


Il aussi a en profité de l'hospitalité de Benoît.
Un autre contact de couchsurfing.
Un autre régale. Disponibilité, politesse, conversation... et une connaissance énorme de la région que je m'aprème à interroger après le dîner, sur le canapé, devant un DVD d'Yvette Sangalot. Oui, il est un passionné do Brasil.
Un plaisir de discuter avec lui. De gouter son chocolat (ils en font du bon à Calais!). De partager le lendemain midi avec lui, qui a préféré me faire connaître sa ville à manger tranquillement.

Histoire, architecture, économie, l'Europe... et route!
C'est sur son conseil que je décide de modifier mon programme en Belgique. Je ne suivrais plus la côte.
La nouvelle route:
Dunkerque-Ghent, samedi; parcours pour apprécier les vestiges de la II Guerre Mondiale. Une route au cœur de l'origine de l'Europe moderne, dans une zone qui a connu toute sort d'occupation (des anglais à l'empire espagnol).
Dimanche, Antwerpen. Thomas m'attend pour m'amener avec ses copains au carnaval. Souvenir do Brasil...

15h19. Café Meo.
Max est parti. Sophie prend sa place.

Il en restent de choses à dire (sur Benoît, sur John et ses conseils techniques, son regard sur l'Europe...) . Et des choses que je dois garder pour moi pour l'instant.

C'est le temps de voir la plage. Temps d'aller courir!

Wednesday, September 13, 2006

17h33, Cran-Aux-Oeufs, Wimereux

Ce matin je me réveille avec les pas d’Hervé. Les voitures roulant sur le pavé les suivent.
Rien entendu. Bonne nuit. Réconfortante.

Jeanne a du mal à se lever.
Le transfert de fichiers au serveur ftp s'est arrêté pendant la nuit. Cela retard mon départ.
On fait le petit-déjeuner ensemble.
Come toutes les matins Hervé amène Jeanne au CP... elle st grande cette fille! Elle veut ne seulement parler toutes les langues mais aussi aller dans tous les pays...
- "Tout comme moi!" je le dis, "je te passerais des infos pour tes voyages".
Elle rigole, et puis après elle me tend sa main pour m'en offrir un cadeau:
- Tiens!, sa pistole d'eau.
- "Je pourrais me rafraichir sur le vélo!". Elle rigole encore.
Puis un beso. Adios!

Je reste pour finir le transfert... encore un départ retardé, mais cela me donne l'occasion de partager ce départ avec Hervé à son retour.
On échange les dernières vérités, on prépare mon vélo:
- "J'ai halluciné quand j'ai écouté ton histoire, et j'ai vu ton équipement" il me dit sincèrement. "On aurait pu te prendre pour un 'mito'. Mais tu rayonnais en discutant avec les vieux... donc j'ai attendu la descente de Jeanne de la manège et je l'ai demandé: Jeanne regarde, ce monsieur en vélo est en train de faire un grand voyage et il a besoin d'un endroit pour se doucher et regarder l'internet; qu'est-ce que tu en penses si on l'invite à venir à la maison?".

Et puis la suite est connue.

Il m'amène au canal; on se souhaite du bon courage en croyant l'un à la réussite de l'autre. Il me confesse qu'il a encore pensé à mon projet pendant la nuit,
- "Qu'est que c'est bon!".
Il va écrire quelque chose. C'est un artiste Hervé. Et puis il va essayer parler sur moi au festival de Quend.
Qué mas puedo pedir!
Heureuse rencontre! A bientôt!

Je pars vers St. Valéry en allongeant la Somme; je m'arrête pour parler avec les pêcheurs. Sympas,
- "Ca pêche?" je demande,
- "Et oui!" j'ai pour réponse.
- "Et puis comment est-t-elle la route à Calais?" j'enquête,
- "Uhh!, ballonnée jusqu'à Boulogne! C'est un bon parcours! D'où vous venez?"
- "De Paris!"
- "Et vous allez?"
Je les explique...Amsterdam, Berlin, ..., Athènes, l'Inde
-"Quel voyage! bon courage!

La route, délicieuse. Dure au début (dû au effet psychologique des commentaires sur la route devant moi), comme hier.
Après le déjeuner devant les cygnes et chevaux du parc de Marquenterre, les calories sont transformées vite fait en énergie sous la demande de mon cœur. Inspire. Expire. La machine marche. En force.

Et je suis presque arrivé à Boulogne-sur-Mer. Elles sont où les côtes?
Et là, je pense à elle. La pistole. Je comprends d'un coup. Je m'approche à la mer. Jeanne savait que je venais à la plage, elle voulait que je puisse jouer avec la pistole. Tout comme elle...

Je pense à écrire tout ça. A m'arrêter après Boulogne avant d'attaquer l'approche définitive à Calais... pour gouter. Ces bonnes sensations.
C'est vrai que il fait beau, que les conditions sont bénévoles...un jour vont arriver la pluie et le vent (celui là sera dur; lutte solitaire contre lui en position de force). Et les blessures...

Mais les premières en arriver sont les côtes! Méchantes! Dios! Una, dos, tres...au moment où je pensais à l'arrêt!

Mais le force ne me lâchent pas... il faut que je trouve un petit endroit pour la pause avant les 30 derniers km pour écrire, manger et remplir la pistole d'eau...


Ca y est, Cran-Aux-Œufs, après Wimereux, témoin pérenne de la grande mer. Le paysage me fait penser au complot contre Louis XVI. Souvenirs cinéphiles.
Il manque le vent de l'Atlantique pour compléter la scène.

Je m'arrêt.

C'est beau.

Monday, September 11, 2006

Paris-Méru-Abbeville


Ca y'est!
Ahi voy!
I am coming!

Bon, c'est vrai, le parcours n'avait pas été prévu comme ça. L'heure finale (18h, après petite visite "crono" au bien aimé (et populé) Bvd Barbés, non plus.

Pero la ruta ya ha comenzado. Y de qué manera.

From Friday night in Paris, to Monday night here in Abbeville, @ Hervé & Jeanne (her little princesse 6 years old) place.

Par où commencer?
Par ce qui est presente dans tout les événenements et les différents lieus qui font parti du carnet de voyage depuis le running de Vendredi soir:
l'émotion, la sincérité, la chance, le bonheur...
  • dans tout le monde dans la soirée de Vendredi: vous m'avez mis en route vous.
    Las palabras con mi hermana y mi madre, los abrazos con mis "colocos", les mots de Morgan, Tim, Guigui... , les bouscoulades de Karin et Cyrille Mr. Kro, le départ de Régis (& Ben), ces yeux enrougis de Marie,...
    et votre seule presence, Adri (cuida el legado), Anita...(que tu te vas mas lejos que yo!) , Poliki (madura ese sueño...pero no demasiado!! que no lo dejes pasar!), Julio (uhmm, qué bien hueles), Laura, Peppe, Chrissou (compagnon de pro, fourniseur des outils pour la recherche du bonheur) , Sofia, Bere, Gaby, Marc (vamos!), Niko (alo oui? ah pardon , j'ai pas de portable... pour l'instant), Armelle (ahhhh...repose toi bien), Ricardo (pasta, donde?), Steph (photo esprit), Dorylia (!), ma petite Regine et son Mikael (là aussi, comme toujours,... aprés tout), Alex&Séb&Nico&Andoni&Peter&Ivan&Joel&Karim&Gwendo... (où où vous êtés passés? Eh, pas besoin de présence physique...) , François, la colloque du 3ème (Bruno, Athens?), Alice (mojjito!), Anne Lise, Elisse, Annais (Mss Cacharel, centroamérica? Nos vemos!) ...todos!!
    Vous savez que vous êtes avec moi, qu'une partie de la force quand les pédales tournent vient directement de vous... du fond ma tête, de tout mon coeur.
  • Des gens dans la route: el francés de Fuenterrabia de pasaeo con su perro, les petits vieux à Abbeville, el barrendero aguador direccion Poix, le géneral Leclerc en interview exclusive...




  • Del e-mail de Rubén: lo necesitaba. In all the e-mails from people that I have even never meet before supporting me, and even asking for where can they send me money!!!

  • De Hervé et Jeanne, mes anges à Abbeville, tombés devant moi pour intégrer pendant quelques heures sa vie, pour partager les riches expériences de lui, sa franchese, sa table, ses envies et espoirs, sa conversation, son avis sur l'Europe ... et la spontanéitée, les jeux, les créations et les bombons d'elle, qui veut parler toutes les langues! Vous donnez du sens à mon voyage. Merci de le rendre possible.

  • And from myself en route, cycling through de forest Sunday night, overcoming fear of tiredness due to lack of sleep to get to each next destination... And now, just in front of the desk, trying to put in words these feelings, tasting them again, while I fight sleep. I have understood, I go to bed. I will only check out before Benoît's place adress, tomorrow's end destination.


Vuelvo con mas, se me cierran los ojos, I will check the orthography later, so tired now, have to have a rest.

A descansar.

Mañana mas.
Jeanne et Hervé dans son petit palace.